Les permis à l’école: gestion du comportement

Le permis du comportement

Chaque année, lorsque je présente le fonctionnement de ma classe, je reçois beaucoup de questions de la part des collègues, mais aussi des parents. Il est vrai que lorsqu’on découvre une nouvelle classe, il n’est pas toujours évident de comprendre les différents outils mis en place pour favoriser un climat serein.

L’année prochaine, je vais remettre en place un dispositif que j’avais utilisé il y a plusieurs années : le permis de comportement.

Chaque élève reçoit un permis de comportement À l’image d’un permis de conduire, il comporte 12 points.

Lorsqu’un élève ne respecte pas une règle importante de la vie de l’école, il peut perdre un ou plusieurs points. Toutes les infractions sont clairement indiquées sur le permis, ainsi que le nombre de points retirés. Évidemment, toutes les erreurs n’ont pas la même gravité : oublier de ranger son matériel n’a pas les mêmes conséquences qu’un acte de violence ou qu’un manque de respect envers un adulte.

L’objectif est que les règles soient connues de tous, transparentes et appliquées de manière équitable. Les élèves savent précisément quelles sont les attentes et quelles sont les conséquences de leurs actes.

À chaque nouvelle période, le permis retrouve automatiquement ses 12 points. Ce fonctionnement est essentiel : un élève ne doit jamais être enfermé dans ses erreurs. Chaque période représente un nouveau départ et une nouvelle occasion de montrer qu’il est capable d’adopter un comportement plus adapté.

Dans mon ancienne école, si un élève perdait l’intégralité de ses points, il effectuait une heure de retenue, conformément au fonctionnement de l’école et en accord avec l’IEN. Cette retenue était organisée pendant le temps des APC, dans une autre classe. Ce qu’il est important de comprendre, c’est que tous les adultes de l’école peuvent retirer des points si une règle est transgressée, afin que les élèves comprennent que les règles s’appliquent partout, et pas uniquement dans leur classe.

Depuis plusieurs années, je fonctionnais avec les bons points. Ce système récompensait les comportements positifs et les efforts des élèves. J’y suis toujours très attaché, car je reste convaincu que valoriser les réussites est un formidable levier de motivation.

Cependant, un enseignant doit aussi savoir adapter ses outils à la réalité de sa classe.

L’année prochaine, je sais que j’accueillerai plusieurs élèves présentant des difficultés importantes dans la gestion de leur comportement. Je m’attends donc à devoir consacrer beaucoup d’énergie au respect des règles de vie, à la gestion des conflits et à l’apprentissage des comportements attendus.

Dans ce contexte, je pense que le système des bons points ne serait plus suffisamment adapté.

Pourquoi ? Parce que certains élèves risqueraient d’obtenir très peu de récompenses, voire aucune. À force de ne jamais être valorisés, ils pourraient rapidement se décourager et avoir le sentiment que les efforts demandés sont hors de leur portée.

À l’inverse, le permis de comportement repose sur une logique différente. Tous les élèves commencent avec le même capital de confiance : 12 points.

Le message envoyé est important : je considère que chacun est capable de respecter les règles. Il ne s’agit pas de gagner quelque chose, mais de conserver une confiance qui est accordée dès le premier jour.

Une approche compatible avec une éducation bienveillante

Le mot permis pourrait laisser penser qu’il s’agit d’un système uniquement basé sur la sanction. Pourtant, je l’utilise dans une démarche que je souhaite profondément bienveillante.

La bienveillance ne consiste pas à supprimer toutes les conséquences. Elle consiste à accompagner les élèves dans leurs apprentissages, y compris celui du vivre ensemble.

Les règles de vie font partie de ces apprentissages.

Le permis de comportement permet justement de rendre les conséquences prévisibles, proportionnées et identiques pour tous. Les élèves savent ce qui est attendu d’eux et connaissent les conséquences de leurs choix. Il n’y a pas d’arbitraire ni de sanction « à la tête du client ».

Surtout, ce dispositif évite les remontrances répétées. Lorsqu’une règle est transgressée, il suffit de se référer au permis. On parle alors davantage des faits que de la personne. L’élève n’est jamais étiqueté comme étant « méchant » ou « perturbateur ». On constate simplement qu’un comportement ne respecte pas les règles établies et qu’il entraîne une conséquence connue à l’avance.

Enfin, la remise à zéro du permis à chaque période est essentielle. Elle rappelle que chaque élève peut évoluer. Les erreurs ne définissent pas un enfant et chacun mérite de repartir sur de bonnes bases.

Même si je réinstalle ce fonctionnement, cela ne signifie pas que je vais cesser d’encourager les comportements positifs. Au contraire.

Je continuerai à valoriser les efforts, les progrès, les initiatives, l’entraide et les réussites quotidiennes par des félicitations, des responsabilités, des encouragements et des retours positifs.

Le permis de comportement n’est pas un outil destiné à « punir » les élèves. C’est un cadre clair qui permet de sécuriser la vie de la classe, particulièrement lorsque certains enfants rencontrent des difficultés à respecter les règles collectives.

J’espère évidemment que très peu d’élèves perdront leur permis au cours de l’année. Si ce système existe, c’est justement parce que je souhaite que les règles soient suffisamment explicites pour qu’elles soient respectées par tous.

Au final, mon objectif reste toujours le même : permettre à chaque élève de travailler dans un climat serein, où chacun peut apprendre, progresser et trouver sa place au sein du groupe.

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14 réflexions au sujet de “Les permis à l’école: gestion du comportement”

  1. Bonjour,

    Tout d’abord je souhaite à vous remercier pour tous vos articles. Ils sont vraiment des ressources magiques pour moi. J’ai raté mon concours l’année dernière et le repasse cette année. Pour vous dire à quel point vous me rendez une aide précieuse pour mes oraux (qui m’ont fait raté mon CRPE).
    Voici ma question : Le permis est-il mis en place également pour les maternelles et si oui à partir de quel niveau?
    En en vous remerciant par avance de votre retour.

    Cordialement.
    Joëlle

      Répondre
      • Bonjour Cléa,

        Je peux t’envoyer une photo par mail pour t’inspirer mais je ne diffuserai pas les documents car ils ne sont pas de ma création 😉

          Répondre
      • Bonjour Virginie,

        je suis également interessée par une photo ou un descriptif (format, …) du permis de circuler…un outils qui pourrait certainement être utile dans mon école.
        bonne journée
        emilie

        • Ma classe :: CP,CE1
        Répondre
      • Bonjour,

        J’aimerai bien voir à quoi ressemble ton permis à point.
        Colles-tu une nouvelle feuille pour chaque période ?

        Merci d’avance

        LC

        • Ma classe :: CM1,CM2
        Répondre
        • Bonjour Laura,

          Le permis à point, c’est juste un tableau avec date, une case pour écrire ce que l’enfant a fait, une case signature de l’enseignant et une case signature des parents. Il y a 12 lignes pour les 12 points. Et j’agrafe une nouvelle page pour la période si et seulement si l’enfant a perdu des points. Il y en a qui ne perde pas de points sur l’année entière 😉

            Répondre
        • Bonjour,

          Je découvre ce permis à points (40) pour mes enfants. c’est la 1° année qu’il est mis en place.
          Je suis plutôt inquiète de ce système, de sa gestion…. N’est-il pas plus valorisant d’expliquer à un enfant en quoi son comportement peut être déplaisant, plutôt que de punir par des points enlevés si derrière il n’y a pas d’explication, de remise en question??? C’est facile pour la maitresse de dire « est ce que tu as vraiment fait ça? », et l’enfant de dire « euh oui », « alors x points en moins »…. Mmmmmm c’est plutôt punitif qu’éducatif non?
          Surtout quand on ne laisse pas l’enfant s’expliquer, ou au moins comprendre son acte, sa parole,son comportement…
          Je suis défavorable à ce système. L’explication et la remise en question me semblent plus appropriées.
          J’ai oublié de préciser, l’utilisation de ce système dans une école de 3 classes, pour 62 élèves…. c’est juste incompréhensible….

            Répondre
            • Bonjour

              Merci pour votre commentaire. Déjà dans mon cas, il s’agit d’une école de 16 classes. On n’enlève pas des points sur des ouïs dire mais sur des faits avérés. Un petit exemple: depuis le début de l’année je demande à mes élèves de se taire dans les couloirs. Je leur ai expliqué à plusieurs reprises que c’était pour leur sécurité et non pas pour les embêter. Ils ne se sont jamais tues. Lundi, j’annonce que j’enlèverai des points à ceux qui parlent dès le lendemain comme c’est mentionné dans le permis. Mardi 6 élèves perdent des points. Aujourd’hui, j’ai enfin le silence dans le couloir.
              Encore une fois dans notre cas, nous sommes 2 à surveiller une cour avec environ 150 élèves donc nous ne pouvons pas passer du « temps » à toujours écouter et expliquer les choses. Les élèves comprennent et les parents également.
              Après je comprends votre point de vue 🙂

                Répondre
            • Bonjour,

              Merci pour votre blog qui fourmille de documents.
              Petite question sur le permis à points: que se passe-t-il si un enfant perd ses 12 points?
              merci!

              • Ma classe : - CE2
              Répondre
              • Dans mon ancienne école, notre IEN autorisait une « heure de colle ». Il y avait des activités le soir fait par les enseignants et l’enfant restait dans une des autres classes pour faire un travail. Mais il faut réfléchir en équipe 😉

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