Accueillir un élève allophone dans sa classe

Mon parcours

Pour tout vous avouer, j’ai mis du temps à écrire cet article, car pour moi, il faisait partie du quotidien d’un enseignant, en tout cas de mon quotidien. 

Pendant 4 années, j’ai enseigné dans une école REP avec plusieurs profils d’élèves. Nous avions les élèves dits « du quartier », des élèves du foyer de l’enfance, des élèves d’internat (ERPD) et des élèves provenants d’un foyer Adoma. Les foyers Adoma permettent de loger ou d’héberger plus de 88 000 personnes en difficultés dans toute la France qui ont du mal à accéder à un logement. Ils peuvent être des jeunes en insertion, des travailleurs précaires, des travailleurs migrants etc.

C’est cette dernière catégorie de population que l’on avait principalement dans le foyer Adoma près de l’école.

De ce fait, dès le début de mon arrivée dans l’école j’ai eu le plaisir, car oui c’est un plaisir, d’accueillir des enfants qui ne parlaient pas forcément le français en arrivant ou très peu. Quand la guerre a éclaté en Ukraine, j’ai vu un déferlement de post sur Facebook demandant des conseils pour accueillir un enfant migrant et c’est à ce moment-là que je me suis rendu compte que mon quotidien n’était pas le quotidien de tous les enseignants de France. 

Que faire?

Finalement, après ces 4 années, je peux vous dire qu’il n’y a pas un type d’enfant migrant mais autant de profil différent que d’enfants. Ils n’arrivent pas tous dans les classes avec le même bagage ni même avec la même motivation. Pourtant dans la majorité des cas, ces quelques étapes clés seront à prioriser. 

Dans un premier temps, je laissais souvent du temps à l’élève de voir, de vivre avec nous. Tout cela pour créer du lien entre lui et moi mais aussi avec les autres élèves. Les moments de récréation étaient importants, et j’essayais de briefer mes élèves avant pour que cet élève ne se retrouve pas seul. Très vite, l’enfant se sent en sécurité, prend appui sur un enfant en particulier, vous reconnait comme étant un repère et il est plus à l’aise. 

Il est indispensable de faire participer l’enfant s’il le peut. Ainsi, j’aimais apprendre le mot « lundi » dans la langue de l’élève pour pouvoir lui expliquer la date. C’est ainsi lui qui m’apprenait le mot « mardi » dans sa langue et moi en français et ainsi de suite. Pour que l’enfant développe son lexique plus rapidement, il est important, à mon sens, d’utiliser les besoins du quotidien: le vocabulaire de l’école, les consignes, les nombres, les couleurs … Pas d’un coup, mais au fur et à mesure. Pensez à utiliser des pictogrammes, des dessins, des images! L’élève va beaucoup mieux retenir.

Et bien sûr les attentes que l’on a, seront différentes pour cet élève. En mathématiques, les résultats seront souvent meilleurs puisque le lexique est moins problématique. 

Des documents

Durant ces 4 années, j’ai pu découvrir tout un tas de ressources utiles. 

Pour commencer, vous retrouverez sur Eduscol un livret de présentation pour les parents disponible en plusieurs langues. Chez nous, ils connaissaient souvent le système éducatif français par des membres de la famille mais ce n’est pas le cas de tout le monde. 

Vous avez peut-être la chance d’avoir une UPE2A dans votre école. Pour nous, pas de chance, nous n’avons jamais eu ce type de poste dans l’école et aucune disponibilité de l’enseignante non plus. Dommage, car certaines années nous avions beaucoup d’allophones en cycle 3!

L’UPE2A (unité pédagogique pour élèves allophones nouvellement arrivés) est une structure qui accueille les jeunes. Il s’agit d’un professeur des écoles spécialisés qui peut prendre les élèves par petits groupes pour leur apprendre du vocabulaire, faire de l’oral etc.

J’ai pu le vivre une année dans une autre école, hors REP, et l’enseignante venait chercher mon élève une heure par semaine pour travailler avec lui le lexique. Il s’agissait d’un élève d’origine turque, ayant vécu en Italie son enfance et arrivant en France par le travail de son père. Le père avait mis la pression aux enfants pendant les vacances scolaires et ils sont arrivés avec déjà un bon bagage ! En principe, un élève ne peut bénéficier plus de 2 ans de ce dispositif.

Vous pouvez aussi trouver de nombreuses ressources en tapant CASNAV + votre département. Et vous pouvez même trouver d’autres documents sur les sites CASNAV des autres départements! L’académie de Strasbourg propose notamment des imagiers pour les verbes d’action, l’alphabet etc. 

Si vous connaissez d’autres ressources, n’hésitez pas à laisser un commentaire pour aider nos collègues !

Des conseils

Le premier conseil que je puisse vous donner est d’être patient. Il faut en effet comprendre que l’apprentissage d’une nouvelle langue peut prendre du temps. Soyez donc patient et encouragez l’élève à progresser à son propre rythme.

Créez également un environnement inclusif en favorisant un climat de classe positif et inclusif où l’élève se sente accepté et valorisé, quelle que soit sa langue maternelle.

Apprenez quelques mots de la langue maternelle de l’élève : Apprendre quelques mots de base dans la langue maternelle de l’élève peut aider à établir un lien et à faciliter la communication.

Utilisez des images, des dessins et des supports visuels pour aider l’élève à comprendre les concepts, les instructions et le vocabulaire.

Créez des opportunités pour que l’élève s’exprime à l’oral, que ce soit en classe entière, en petits groupes ou en binômes.

Mettez à disposition des ressources telles que des livres, des applications, des jeux éducatifs et des cours en ligne pour renforcer l’apprentissage de la langue.

Encouragez l’interaction sociale : Encouragez l’élève à participer à des activités sociales et à interagir avec ses camarades pour améliorer ses compétences en français.

Établissez une communication régulière avec les parents de l’élève allophone pour discuter de son progrès et de ses besoins spécifiques.

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3 réflexions au sujet de “Accueillir un élève allophone dans sa classe”

  1. Bonjour,
    Pour la première fois (et oui !) j’aurai un élève allophone dans ma classe. Je ne sais pas s’il a été scolarisé en Moldavie.
    Mon problème, ce n’est pas « quoi » faire mais « quand » le faire. En effet, j’aurai 20 CE2 et 8 CM1 alors je ne sais pas quand j’aurai le temps de m’occuper de lui.
    Auriez-vous des recommandations ?

    • Ma classe : - CE2, CM1
    Répondre
    • Bonjour Patricia,

      Vous allez trouver vos marques avec cet élève, je n’en doute pas!
      Peut-être pouvez-vous déjà prendre cet élève à part lors de l’accueil en classe. J’imagine que vous avez peut être des petits rituels chaque matin que les élèves peuvent réaliser seuls. Vous pendant ce temps, vous pourrez peut être apporter du vocabulaire à votre élève. Si vous instaurez un moment de lecture silencieuse au cours de la journée, cela vous permettra également de le prendre à part. Mais n’ayez crainte, les élèves apprennent très vite!

      Autre conseil, voyez avec l’enseignant E ou l’enseignant UPE2A si vous en avez! Ils pourront vous être d’une grande aide!

      Bon courage

        Répondre
        • Bonjour. Il faut aussi s’appuyer sur les élèves de la classe, pour « tutorer » l’enfant dans différentes activités, lui réexpliquer la tâche en montrant son cahier, en manipulant avec lui ou elle, en jouant au mistigri avec la consigne de nommer toutes les cartes, …Il faut réunir la classe pour que chaque semaine 4 enfants aient pour tâche de l’aider à apprendre quelque chose…et qu’évidemment, cela tourne…N’hésitez pas à reprendre des albums niveau maternelle (des albums clairs et réitératifs, comme les photimots, ou les histoires de mots de chez PEMF) pour lui permettre d’augmenter son vocabulaire, et de le faire travailler sur un fichier de lecture CP s’il ne sait pas lire en français. La riche illustration l’aidera à comprendre les phrases…

          • Ma classe : - Autre
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