La SEGPA : Idées reçues VS réalité

SEGPA

L’enseignement spécialisé est un monde très peu connu du grand public. Souvent marginalisé voir oublié, il peut tous nous concerner enseignants comme parents. Malheureusement, cet enseignement souffre de nombreux préjugés et la SEGPA, univers dans lequel j’entame ma quatrième rentrée, en est une des principales victimes.

Je vais vous présenter la SEGPA en partant de ces idées reçues souvent infondées !

Les élèves sont handicapés ou n’ont pas validé les compétences de CM2: Vrai et faux

Pour entrer en SEGPA, le handicap n’est pas un critère. Il ne faut pas forcément une reconnaissance de la maison départementale des personnes handicapées (MDPH) contrairement à l’ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire). L’entrée en SEGPA, se fait sur dossier soit par la MDPH ou bien par la Commission départementale d’orientation vers les enseignements adaptés (CDOEA). Les critères d’admissions sont multiples mais souvent il faut que l’élève n’ait pas atteint les acquis du cycle 3 voir du cycle 2.

L’élève peut avoir acquis certaines compétences mais on va retrouver, en général, un niveau qui se rapproche d’un élève de CE2/CM1 pour un élève de 6e/5e SEGPA. Il y a donc un retard dans les apprentissages et non un handicap. Ce retard peut être causé par une multitude de facteurs.

Les enfants sont issus de familles à problèmes : Faux en grande majorité

Les élèves de SEGPA ne sont pas tous issus de familles à problème. J’ai l’exemple en tête d’un élève dont les parents étaient patrons de l’entreprise familiale. Ces derniers venaient chercher leur fils en Mustang au collège ce qui impressionnait beaucoup les camarades.

Les élèves de SEGPA ont souvent des difficultés liées aux troubles dys. Il n’est pas rare de trouver des multi-dys dans nos classes. C’est pour cela que l’on parle d’enseignement adaptés.

Malheureusement, il y a aussi un profil d’élève que j’appelle les « abimés de la vie » qui ne seraient pas dans nos classes sans accident de la vie ou drames familiaux qui sont venus perturber leur développement cognitif.

Les profs de SEGPA ne sont pas des PE : Vrai/faux

Plusieurs enseignants interviennent en SEGPA. Il y a en premier lieu les professeurs des écoles (PE) qui peuvent être affectés en SEGPA.. Ces derniers peuvent exercer sur toutes les matières. Cela dépend des collèges. Ils sont 21h face aux élèves et ont 2h de réunion de synthèse par semaine. Ces réunions servent à coordonner l’équipe, parler des élèves et façonner les différents projets de la SEGPA.

Lors de ces réunions sont aussi présents les professeurs d’atelier : les professeurs de lycée professionnels  (PLP). Ces derniers s’occupent de la partie professionnelle de la SEGPA et des stages des élèves (12 semaines au total sur la 4e et 3e). Il existe plusieurs types d’ateliers comme l’atelier habitat ou bien l’atelier hygiène, alimentation et service.

En SEGPA, il intervient aussi des professeurs de collège dans les matières que les PE n’assurent pas. Souvent cela résulte d’un choix d’équipe.

Il existe donc 3 types d’enseignants pour des élèves qui sont parfaitement (mais pas toujours) intégrés dans le collège.

Les élèves de SEGPA ne font que des meubles ou la cuisine : Faux

La SEGPA est une voie qui va préparer les élèves à passer le certificat de formation générale (CFG) et le brevet des collège série professionnelle. L’objectif est de les envoyer vers des formations qualifiantes de type CAP après la 3e. Pour cela, les élèves doivent avoir des bases scolaires solides et il est donc inconcevable de les mettre en atelier toute leur scolarité. Les élèves bénéficient donc de 6h d’atelier hebdomadaire en 4e et 12h en 3e. D’autres filières orientent plus que cela les élèves vers la professionnalisation comme les 4e et 3e en MFR (Maison familiale et rurale). Ils ont donc du français, des mathématiques, de l’histoire, de la géographie, de l’anglais, des arts, des sciences et du sport jusqu’en 3e.

Les élèves de SEGPA ne veulent plus mettre les pieds à l’école : Faux

Les élèves qui sont en SEGPA sont, dans la majorité des cas, heureux d’être en classe ou à l’école. Ce sont des élèves qui ne feront que très rarement des études longues. Ce sont donc plutôt des profils d’élèves manuels que d’élèves décrocheurs bien qu’il en existe.

Ils ont des problèmes de comportement, sont nuls, fainéants, violents, flémards : Faux

Tordons le coup tout de suite à cette idée. Alors certes, certains élèves de SEGPA n’ont pas forcément bonne réputation mais les problèmes de comportement ne sont pas liés à la SEGPA ! Loin de là. A titre d’exemple, cette année je n’ai exclu que 1 élève de classe, 0 conseil de discipline, très peu d’exclusion du collège. Les élèves de SEGPA sont souvent stigmatisés à tord car ils n’ont pas forcément les capacités de se défendre par la parole ou bien n’ont pas le réflexe d’ignorer les mots. Cependant, ils ne sont pas violents loin de là.

Pour le côté flémard, il arrive que certains élèves ne veuillent pas travailler oui, mais dans les classes ordinaires aussi. Dans la grande majorité des cas, les élèves sont motivés et veulent réussir pour avoir un métier par la suite. J’ai vu des élèves se surpasser afin d’atteindre leurs objectifs.

Je n’ai qu’une chose à dire pour toutes ces idées reçues : VENEZ ! Venez observer les classes de SEGPA, voir comment la structure existe dans un collège, voir comment les équipes se démènent pour faire progresser et réussir ces jeunes ! Osez franchir les portes d’une SEGPA et vous verrez que l’ensemble de vos préjugés seront balayés et que c’est seulement de cette façon là que l’on pourra donner une meilleure image de la SEGPA.

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