La discipline positive

La discipline positive
Dans cet article, vous allez découvrir des notes prises lors d’animations pédagogiques basées sur la discipline positive. Il s’agit d’animations en lien avec le foyer de l’enfance (FDE) dont nous avons quelques élèves. Cet article ne se veut pas parfait. Il résulte simplement d’échanges, de réflexions communes et de prises de notes.

Qu’est-ce que la discipline positive?

La Discipline Positive est une approche qui encourage chez l’enfant le développement de compétences sociales dans un esprit de respect mutuel au sein des familles, des écoles et des institutions. Elle propose aux parents, aux enseignants et aux éducateurs un ensemble d’outils qui permettent de développer chez l’enfant l’auto-discipline, le sens des responsabilités, l’autonomie, l’envie d’apprendre, le respect mutuel etc. Dans cette démarche, l’autorité concilie encouragement, fermeté et bienveillance.
L’enfant doit en effet savoir qu’il peut et qu’il est capable pour avancer (encouragement). Il doit y avoir un respect de soi mais aussi des autres (fermeté) et un respect afin que l’autre ait sa place mais pas toute la place (bienveillance). Le but sera alors de développer la coopération et d’amener à avoir un sentiment d’appartenance. Si je n’appartiens pas à un groupe, je me désengage.

Le cerveau dans la main

Daniel Siegel a élaborer un modèle de représentation du cerveau dans la main permettant d’en comprendre son fonctionnement. Le bras et la main représente le cerveau. Je vous laisse une petite vidéo pour mieux comprendre et pouvoir l’expliquer aux élèves. Une fois expliqué, les enfants se l’approprient rapidement. Ils peuvent ainsi mettre des gestes sur leurs émotions sans pour autant parler. Et ils savent aussi déceler nos émotions à nous adultes.
https://www.youtube.com/watch?v=9aONSCU9v_w

Des activités pour se recentrer

Pour permettre aux élèves de se recentrer, nous pouvons passer par différents moyens. Il peut y avoir la ritualisation de la journée, l’affichage de rituels mais aussi des moyens plus ponctuels tels que la cloche, le métronome.
Je vais vous lister quelques activités permettant aux élèves de se recentrer:
  • Le métronome: se mettre debout et passer d’une jambe à l’autre pour s’harmoniser tous ensemble. Ce n’est pas évident mais l’élève va faire abstraction de tout le reste pour réussir la tâche.
  • L’aikido verbal: il s’agit d’une technique se basant sur l’art martial permettant de ne pas répondre immédiatement à une attaque négative. Plus simplement, on se recentre avant de répondre afin de ne pas aggraver la situation.
  • La cloche (ou triangle): il s’agit de demander aux élèves de lever la main une fois qu’il n’y a plus de vibrations. Certains lèveront la main rapidement et d’autres un peu plus tard, peu importe. Cela permet d’utiliser les 5 sens afin de se recentrer et de s’auto-réguler.
  • Toucher des objets: permet de s’apaiser et de se concentrer sur ses émotions.
  • Espace temps de pause: il s’agit d’un espace co-construit avec les élèves pour se recentrer. Il faudra décider comment l’appeler, quoi y mettre mais aussi apprendre à repérer quand “le couvercle saute”. On peut y mettre des posters, des règles de vie, une chaise ou un coussin. Il faudra également poser des lignes de conduites tous ensemble pour l’utilisation de cet espace.
  • Ecouter: pendant une vingtaine de secondes, on demandera aux élèves d’écouter. Ils nous diront ensuite ce qu’ils ont entendu: des pas venant de la salle d’au-dessus, des voix dans le couloir, des voitures qui passent, des ventres qui gargouillent, des respirations, des pieds qui bougent etc.
  • Travailler la vue avec des jeux permettant de centrer l’attention sur le visuel et donc sur le corps.

Les 3R de la réparation

  • Reconnaitre: J’ai fait une erreur, mon comportement ne nous a pas aidé.
  • Réconcilier: J’en suis désolé(e).
  • Résoudre: Comment pouvons-nous faire différemment la prochaine fois?

Bien souvent, c’est la reconnaissance qui va être difficile pour l’enfant. Reconnaitre qu’il a eu tord, que son choix ou son comportement n’était pas le bon n’est pas si simple parce que la première émotion de l’enfant est la peur. Déja nourrisson, la peur est l’émotion principale. Si je reconnais, je vais me faire gronder ce qui entraine cette peur. Il faudra donc l’accompagner au mieux pour que le réparation soit complète.

Il y a 4 émotions dîtes primaires chez l’être humain:

  • La joie
  • La peur
  • La tristesse
  • La colère

Vous constaterez que trois d’entre elles sont à valence négative. Il faut donc pouvoir travailler au quotidien sur ses émotions. Différentes solutions sont possibles en classe.

On peut proposer une météo du jour pour l’émotion. Cela peut être réalisé une fois dans la journée ou avant et après une activité spécifique. Il y a également la roue des émotions qui aident à dire quelles sont les émotions qu’ils ressentent. Il peut y avoir un travail lié entre les émotions et les couleurs pour faciliter la parole aux plus jeunes qui peuvent être gênés par le lexique. On peut également passer par le dessin ou mettre des mots sur une musique que l’on ressent. La boite à colère peut être également une bonne solution pour permettre aux élèves de libérer leurs émotions et d’en reparler plus calmement après. La dernière petite activité qui peut être faite rapidement en classe est de lancer les élèves avec cette phrase: Je me sens joyeux parce que, ou bien je me sens triste parce que…

Être ferme et bienveillant

La fermeté et la bienveillance sont deux conditions sinéquanone pour que la discipline positive puisse opérer.

Qu’est-ce qui fait qu’on passe de la bienveillance sans cadre à la fermeté? L’idéalisme, la fatigue ou la lassitude, le lache prise, l’envie de nourrir de bonnes relations et d’éviter les conflits ou encore une certaine compassion avec les situations personnelles des élèves.

La fermeté seule apporterait du positif: de la stabilité, des règles stables, un environnement sécurisant, une autorité juste, reconnue et légitime. Les règles seraient les mêmes pour tous. Il y aurait du respect et pas de failles. On saurait où on va en posant les limites à l’autre et en favorisant une relation de confiance et de sécurité. Mais elle apporterait aussi des effets négatifs si elle était seule. Il n’y aurait pas de juste distance éducative. Il y aurait une certaine tentation de briser le cadre avec une émergence de conflits, un manque de reconnaissance individuelle et un oublie de soi. Les élèves se sentiraient en insécurité, auraient le sentiment de ne plus avoir le droit à l’erreur.

La bienveillance est le respect de l’autre dans le sens où l’autre a son point de vue qui est respecté. Qu’est-ce qui fait que finalement on passe dans la fermeté seule? Le manque de temps, le stress, la fatigue ou encore les émotions.

A l’instar de la fermeté, la bienveillance, si elle agissait seule, permettrait de mieux se connaître, d’être à l’écoute de soi et de l’autre, d’avoir un sentiment de compréhension, une liberté d’expérimentation, une prise de recul par rapport aux besoins des autres. Il y aurait cependant des moments de flottements, un manque de cadre, un adulte qui deviendrait spectateur et non co-acteur des situations, il n’y aurait pas de limites, une insécurité massive dans laquelle enfant et adulte seraient déstabilisés. Cela entrainerait de la fatigue, de l’énervement et de l’agacement.

On se rend donc bien compte que fermeté et bienveillance vont de pairs et sont indissociables. Jane Nelsen propose 3 questions à se poser pour savoir si ma solution est ferme et bienveillance:

  • Est-ce que cela montre de la compréhension pour le point de vue de l’enfant?
  • La solution me convient-elle?
  • Est-ce que cela respecte les besoins de la situation?

C’est à ces conditions seules que la solution sera ferme et bienveillante.

 

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