L'école du dehors
L’école du dehors est une approche pédagogique innovante qui gagne en popularité à travers le monde. Elle met l’accent sur l’apprentissage en plein air et l’exploration de la nature comme éléments centraux de l’éducation.
Comme son nom l’indique, cette méthode se distingue de l’enseignement traditionnel en salle de classe en offrant un environnement d’apprentissage principalement en extérieur. Les élèves sont immergés dans des environnements naturels, où ils apprennent par l’interaction directe avec la nature. Contrairement à un emploi du temps rigide en classe, l’école du dehors propose une plus grande flexibilité. Les activités d’apprentissage sont souvent inspirées par les opportunités et les découvertes offertes par l’environnement extérieur.
Les élèves sont encouragés à utiliser leurs sens pour explorer et comprendre le monde naturel, stimulant ainsi leur curiosité et leur créativité. Outre l’acquisition de connaissances académiques, l’école du dehors vise à développer des compétences essentielles telles que la résolution de problèmes, la prise de décision, la communication, la coopération et la confiance en soi. Passer du temps à l’extérieur améliore également la santé physique et mentale des élèves, en réduisant le stress, en encourageant un mode de vie actif et en renforçant le lien entre l’homme et la nature.
Cette approche favorise un apprentissage complet, intégrant à la fois le développement intellectuel et le bien-être général des élèves.
Où sortir?
Avant de planifier des activités, il est important de déterminer où les réaliser. Plusieurs espaces peuvent être exploités.
Le choix le plus simple est souvent la cour de l’école. Commencer l’école du dehors dans cet espace peut être une approche logique et pratique pour plusieurs raisons. La cour de récréation est généralement l’espace extérieur le plus familier pour les élèves. Ils y passent déjà du temps pendant les pauses, ce qui en fait un lieu où ils se sentent à l’aise. Utiliser la cour de récréation permet une transition en douceur vers l’apprentissage en plein air, en intégrant progressivement des activités éducatives dans un environnement déjà connu. De plus, les cours de récréation sont souvent équipées de structures de jeu, de bancs et d’autres installations pouvant soutenir l’apprentissage en plein air. Cela offre un espace prêt à l’emploi pour les enseignants. Enfin, la surveillance y est plus facile à organiser, ce qui est essentiel pour commencer à expérimenter avec l’apprentissage en plein air.
Vous pouvez également explorer des parcs ou des forêts. Assurez-vous toutefois de demander les autorisations nécessaires à la municipalité, car certaines communes peuvent avoir des arrêtés concernant des dangers potentiels ou des restrictions d’accès. Si le terrain appartient à un propriétaire privé, il est important de formaliser une convention d’utilisation.
Ces précautions vous permettront de choisir les lieux les plus appropriés pour vos activités en plein air, tout en garantissant la sécurité et le bien-être des élèves.
Préparer sa sortie
La fréquence des sorties peut varier en fonction des objectifs pédagogiques, des ressources disponibles et des besoins des élèves. Il n’existe pas de réponse unique à cette question, car elle dépend des préférences et des contraintes de chaque enseignant et de chaque groupe d’élèves.
Pour chaque sortie, il est essentiel de prévoir le matériel adéquat. Celui-ci peut varier selon les besoins et les objectifs spécifiques de l’activité, mais certains éléments sont indispensables :
– Le cahier d’appel et les numéros d’urgence
– Une trousse de premiers secours complète
– Une bouteille d’eau (utile notamment en cas de blessure)
– Du papier toilette et un sac poubelle
– Un sifflet ou un autre moyen de rappeler les élèves sans élever la voix
– Un téléphone portable
Ces éléments de base garantiront la sécurité et le bon déroulement de vos sorties en plein air.
Quels types d'activités proposer?
Vous souhaitez vous lancer dans des activités en plein air mais vous vous demandez quelles propositions faire à vos élèves ? Voici quelques idées adaptées aux élèves de cycle 2 et cycle 3.
Pour explorer la nature, organisez des randonnées dans la forêt, les parcs ou les sentiers de votre région afin de découvrir la faune et la flore locales. Avec des jumelles, les élèves peuvent observer les oiseaux, et des boîtes loupes permettent de regarder de près les insectes. Vous pouvez également collecter des feuilles, des pierres, de l’écorce ou d’autres éléments naturels pour des activités en classe ultérieures.
Utilisez l’environnement pour étudier les animaux et leurs cycles de vie. Vous pouvez également réaliser des relevés de température, suivre les conditions météorologiques ou même créer un potager.
Si vous avez une fibre artistique, proposez des séances de peinture en plein air où les élèves reproduisent ce qu’ils voient, ou des créations artistiques en utilisant des matériaux naturels comme des bâtons, des feuilles ou des pierres.
Pour des activités physiques, vous pouvez organiser des jeux traditionnels en plein air, des parcours d’obstacles ou même des séances de yoga.
Enfin, une activité de nettoyage de la nature peut sensibiliser les élèves à la préservation de l’environnement.
Ces suggestions ne sont qu’un aperçu des nombreuses activités possibles. N’hésitez pas à les adapter en fonction de votre contexte et de vos ressources.
Ma première sortie en école du dehors
Après avoir exploré les généralités sur l’école du dehors, je souhaite partager avec vous ma propre expérience. Dans cette partie, je vais vous parler de la période avant la mise en place de l’école du dehors et de notre première sortie organisée.
Après une longue discussion avec la mairie, nous avons convenu d’un lieu dédié pour nos activités. En réalité, ce sont deux espaces qui nous ont été attribués : un petit pré à l’orée de la forêt et un terrain pour notre futur potager. Nous avons reçu l’autorisation de les utiliser selon nos besoins. En équipe, nous avons décidé que les sorties devaient être régulières. Ainsi, nous avons planifié une demi-journée de sortie par semaine. Pour ma part, j’ai choisi le mardi après-midi. Pour l’instant, mes sorties se concentrent dans l’espace proche de la forêt.
Avant la première sortie, nous avons organisé une réunion avec les parents pour leur expliquer le projet. Nous avons également envoyé une note d’information accompagnée d’une autorisation à signer, afin de nous assurer que tous les parents avaient bien pris connaissance du projet.
Le jour de la sortie est enfin arrivé. Après m’être assurée que les élèves étaient habillés de manière appropriée et après un dernier passage aux toilettes, nous nous sommes dirigés vers notre nouveau lieu d’exploration, situé à dix minutes à pied de l’école. Une fois sur place, j’ai présenté aux enfants les différents espaces : un espace avec des rondins de bois pour s’asseoir, que j’appelle « le dehors », une zone à l’intérieur de la forêt, « le dedans », et un coin toilettes. J’ai particulièrement insisté sur les limites à respecter dans la forêt.
Pour notre première activité, j’ai demandé aux élèves de ramener un élément de la nature qu’ils pouvaient nommer. Ce défi s’est avéré plus difficile que prévu. Ensuite, j’ai proposé une activité de géométrie : réorganiser les rondins de bois, initialement en ligne, pour former un cercle de 3 mètres de rayon. Les élèves, en groupe, ont relevé ce défi avec enthousiasme, même sans mètre ! Nous avons terminé notre après-midi par une grande partie de cache-cache, avec l’aide de notre ATSEM. Les enfants étaient ravis de découvrir toutes les cachettes de ce bel endroit !
Il y a eu quelques petits oublis :
– J’avais préparé des tablettes pour écrire et des crayons, mais j’ai oublié les feuilles.
– Je n’avais pas pensé à apporter une trousse de secours.
– J’avais prévu de lire un album, mais je l’ai laissé à l’école.
Malgré ces petits couacs, cette première après-midi a été un succès pour tous. J’ai hâte de revenir la semaine prochaine pour proposer de nouvelles activités à mes élèves !
Et deux ans après?
Deux ans après avoir expérimenté l’école en plein air et à l’approche d’une nouvelle année scolaire, je reste convaincue des bienfaits de cette approche pour nos élèves. Cependant, après réflexion, j’ai décidé d’apporter quelques modifications encore pour l’année à venir. Au lieu de sortir chaque semaine, je sortais une fois tous ls 15 jours. Cependant, nous organiserons désormais des sorties une fois par mois avec un planning bien défini. En effet, il m’est arrivé trop souvent de sortir sans préparation spécifique. Pour éviter cela, je vais consacrer plus de temps à la planification de nos activités en plein air, afin qu’elles soient enrichissantes et bien structurées, malgré leur fréquence réduite. J’ai également décidé de faire un cycle complet d’EPS de randonnée. Cela se déroulera donc sur le temps d’école du dehors.
Par ailleurs, mes collègues continueront de sortir une fois par semaine, car elles trouvent cette fréquence bénéfique. J’ai également remarqué que les apprentissages en extérieur semblent plus adaptés aux plus jeunes élèves qu’aux plus grands. De plus, il est parfois difficile de trouver des ressources pertinentes en ligne ou dans les livres pour planifier ces activités.
Je suis convaincue que cette nouvelle organisation permettra de maximiser les avantages de l’école en plein air pour mes élèves, en équilibrant fréquence et qualité des activités.








2 réflexions au sujet de “Débuter l’école du dehors”
Coucou Virginie,
J’ai commencé également l’école du dehors l’année dernière, ton article m’a beaucoup intéressé, il y a un détail que je n’ai pas encore résolu: comment as-tu réussi à faire des toilettes??
Je ne sais pas si tu connais l’initiative des « aires terrestre éducative » de l’OFB mais c’est très intéressant à mettre en place en même temps que l’école du dehors.
Bonne continuation
Anne
Bonjour Anne,
Quand je parle du coin toilette, il s’agit d’un endroit distinct réservé à cela.
Mes élèves l’utilisent très peu, c’est surtout pour les urgences. Cependant avant de partir, tous les élèves sans exception passent aux toilettes à l’école (même si c’est pour une petite goutte !).
La mairie a, l’an dernier, mis en place un dispositif pour les élèves de maternelle qui, eux, ont plus de mal à se retenir.
L’ATSEM ne pouvait plus porter les enfants qui ne savent pas faire pipi dans la nature (surtout les filles). Si je ne me trompe pas, il s’agit d’un tonneau avec une planche de bois percée sur laquelle ils ont vissé un réducteur.
J’espère t’avoir éclairé.
Merci pour les aires terrestres éducatives, je vais aller voir ça !
Bonne continuation également